lundi 13 décembre 2010

LA PAIX DU COLON OU L'IDEOLOGIE DU CAMOUFLAGE











Le Bamougong sait en son for intérieur que sa vie dépend de son prochain ; aussi l’aime-t-il et le ménage-t-il de façon à éviter toute dissonance. C’est le principe sur lequel devrait se baser le éviter au quotidien » de tout humain authentique d’ailleurs.
C’est, en effet, que j’ai besoin d’autrui pour réaliser mon existence ; autrui est indispensable pour mon être ci vers mon être là ; on dit que mon « dasein » ne saurait avoir sa réalité ontique sans le concours d’autrui. C’est la chaîne de solidarité qui existe réellement et éternellement entre les humains de la terre. Et nul ne pourra s’en échapper, même les tout-puissants de la terre qui ne pense plus qu’à la quitter pour s’élire domiciles sur la lune et dans l’espace. La conscience de paix est fondamentalement « mit sein », ni plus ni moins. Le problème qui peut se poser et interpeller le soi  à se poser des questions c’est la manière d’être avec autrui.
Autrui dont nous parlons est une entité unique, hors de moi, différente donc de moi et être-comme-moi-dans-le-besoin. Il est un être social, c’est-à-dire qu’il est comme moi, parmi des gens de qui il a des droits et envers qui il des devoirs. Fondamentalement la conscience humaine n’a besoin de rien, même pas de son prochain ; elle est conscience occupée et  consommée ; c’est vous qui devez l’attirer vers vous. Il n’y a pas en la conscience une force qui la pousse vers autrui. C’est bien cet autrui qui doit se faire remarquer, attirer le regard de son vis-à-vis et le maintenir pour s’imposer comme celui par qui vient le bonheur. Or pour que mon existence se réalise comme je le veux et en mon temps voulu, j’ai besoin de toute son attention, de son entière dévotion. Pour alors canaliser cette attention sur moi et moi seul et avoir ce que je veux en temps voulu, je dois le rendre impersonnel et faire de lui mon esclave : je le tue sur la terre-terre et l’amène sur la terre-air, lui faisant croire qu’il est rentré au paradis, où je prends soin de le posséder de telle sorte qu’il n’ait plus de besoin que le besoin de me servir. Je l’ai déporté, car il ne vit plus là où la nature avait voulu qu’il vive ; son « moi » s’est éteint, il n’a plus de personnalité consciente d’elle-même comme personne, et il ne fait plus rien pour lui-même. Il a d’ailleurs été pleuré et  enterré comme mort sur la terre-terre, son vrai monde. Il vit maintenant dans un monde qu’il ne maîtrise pas, car non seulement il n’a plus de conscience réflexive, ce mode d’être de l’humain qu’on appelle Raison, mais il est dans un monde pour lequel il n’est pas prêt : il n’a pas achevé sa purification sur la terre-terre pour passer à une autre étape de sa vie. Ici il n’a plus d’objet de conscience que servir son maître que je suis en faisant ce que je lui demande de faire. Je suis son maître, c’est-à-dire celui qui l’a transformé pour en faire ma « chèvre ». Dans la réalité il est toujours sur la terre, mais sur un autre plan : le « fomla » qui signifie étymologiquement  « village abandonné » n’est qu’un mirage. C’est de l’ivraie introduit dans l’être de la planète terre par le Malin à la fin évidente de détourner les humains de leur vrai problème : le retour au paradis.
Celui qui a été vendu au « fomla » rend service ou vend une marchandise à ses frères, sœurs ou amis de naguère vivant encore sur la terre-poussière sans les reconnaître justement parce qu’il n’est plus lui-même et qu’il appartient maintenant à la terre-air. Mais il n’est pas un revenant ; il n’est pas errant et vagabond : il n’est pas encore mort, et il mourra bel et bien de sa belle mort, bien qu’il fût enterré : il est une âme possédée. Il ne s’est pas réincarné, puisqu’il n’est pas mort. La transformation qu’il a subie dans son être fait de lui une autre personne. Une personne qui disparaît à la simple prononciation par l’autre-poussière  de son défunt nom ou  à toute tentative d’identification sur la terre-poussière.
De fait, le Bamougong qui offre en holocauste des animaux (poule, chèvre, mouton ou poisson) ou de la nourriture aux ancêtres ou aux enfants en leur demandant, dans sa prière, d’intercéder auprès de Dieu pour sa cause voit la paix, le bonheur et le progrès qu’il recherche du côté de la protection de son espèce, du respect de ses entours ; il est conscient du bien dont il doit faire montre pour réussir sa vie terrestre. Alors que celui qui préfère sacrifier la vie poussière de son prochain pour les mêmes causes est un tyran centré sur sa propre personne ; il n’a aucun sens de la pérennité et de la protection de son espèce ; il n’est pas un être de bien ; il utilise son prochain comme une chose sans grande importance. En société, ce tyran pratique aussi les rites humanodéisme ; mais ce n’est qu’un jeu de mauvaise foi dans la mesure où son cœur en est très éloigné. En vérité, il est prêt à tout faire pour masquer son satanisme car, au fond, il s’est déjà rendu compte que le chemin sur lequel il s’est engagé ne lui apporte ni la paix ni le bonheur ni un véritable progrès, ni directement ni indirectement : il est devenu un siège de remords (bien étouffés et refoulés) et de remontrances (de la part de ses contemporains et descendants).
Le « fomla » est une copie capitaliste de l’humanodéisme. 

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